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 L'eau c'est la vie

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titomtom06

titomtom06

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MessageSujet: L'eau c'est la vie   L'eau c'est la vie I_icon_minitimeJeu 2 Avr - 17:52

L'eau c'est la vie Puitseau251108275

« L’eau c’est la vie.» Antoine de Saint Exupéry ne pensait pas si bien le dire lorsqu’il se retrouva coincé dans le désert sans une goutte d’eau. Les populations de Mbouda sont aujourd’hui en droit de le dire avec cette pénurie qu’elles affrontent depuis près de deux mois. En effet Mbouda fait face depuis mi-janvier 2009 à une pénurie générale d’eau potable. La société générale des Eaux (SNEC) est devenue incapable d’approvisionner les ménages en eau potable car le point de captage situé à Balatchi s’est complètement desséché.

Le corps ayant besoin d’eau pour son bon fonctionnement les populations font des acrobaties pour avoir de l’eau de boisson ou pour les travaux ménagers. Actuellement à Mbouda, avoir de l’eau est devenue une véritable bataille, rendue encore plus difficile par les conditions climatiques. La ville est encore sous la brûlante autorité d’un soleil qui ne joue que son rôle. Cette chaleur torride a conduit à l’assèchement des sources d’eau qui d’habitude libérait de l’eau potable.

Toutes les rivières traversant la ville ont complètement séchées pendant ce mois de mars. C’est le cas du court d’eau qui passe entre Bamessingué et le centre ville, et celui qu’on trouve après l’hôpital de district sur la route de Galim, où les populations avaient l’habitude de s’approvisionner en eau et d’y effectuer les travaux domestiques diverses. Comme si cela ne suffisait pas, les puits aussi sont en train de tarir.

La situation est donc critique et on ne saurait envier le sort des populations de Mbouda. L’euphorie vers les dernières sources d’eau encore en activité est totale et à la limite grotesque. Des masses d’individus sans distinction de sexe, de classe d’age ou de statut social sont agglutinées autour des points d’eau tel des musulmans en pèlerinage autour de la pierre sacrée. Tandis que certains attendent impatiemment leur tour, d’autres par contre pensent aux longues distances qu’ils devront parcourir avec une charge sur la tête pour regagner leur lieu d’habitation, car certains ont marché à pied pendant plus d’une heure de temps pour trouver la première source d’eau. Certaines personnes ont pris l’initiative d’écurer leur puit dans l’espoir d’avoir un peu plus d’eau. Dans les différents quartiers, les gens font des va-et-vient avec des récipients d’eau. On observe aussi bien de part et d’autre des motocyclettes transportant des bidons d’eau, des colonies d’individus marchant en rang et chargé de bidons.

Les détenteurs des véhicules, pour la plus part ,vont jusqu’à Batcham ou à Bafoussam s’approvisionner en eau tandis que ceux qui ont des relations avec les transporteurs leur donnent leurs bidons pour que ceux-ci les ravitaillent en eau lors de leurs déplacements. De plus, Il est devenu difficile d’étancher sa soif en quémandant de l’eau à boire chez le voisin de peur qu’il ne vous serve une eau de mauvaise qualité et garde la bonne pour sa propre consommation. Même ceux qui ont l’habitude d’acheter de la nourriture dans la rue hésitent à présent, car on n’est plus très rassuré de la qualité de l’eau qui a servi à la cuisson des aliments.

Pour aider les populations, la mairie de Mbouda procède à la distribution de l’eau. Un camion citerne se rend dans des points variant chaque jour, où les populations forment de longues files d’attente pour pouvoir bénéficier gratuitement de l’eau. Elles regrettent cependant que la couverture ne soit pas générale car dans cette distribution certains quartiers importants ont été lésés. De plus, la mairie a enfin ouvert au public les bornes fontaines réalisées depuis près de 05 ans grâce à l’appui du FEICOM, qui depuis ont toujours été cadenassées. Les populations peuvent y puiser de l’eau à certaines heures de la journée. Tandis que certains profitent de la crise pour faire dans du social, d’autres par contre en profitent pour faire du business. A la source aménagée dite 23 escaliers, quelques jeunes se sont proclamés administrateurs des sources naturelles.

Ils se comportent en effet comme de véritable propriétaire en se postant à l’entrée et ne laissent puiser que ceux qui ont payé pour avoir cette eau supposée gratuite. Pour 20 litres d’eau par exemple il faut payer entre 50 et 100 frs. Le clou de l’affaire est que parmi ces jeunes on rencontre des élèves. Comme on le voit donc les populations de la ville de Mbouda éprouvent d’énormes difficultés pour avoir accès à l’eau. Face à cette situation une question se pose : comment en est-t-on arrivé là ?

Pour analyser les causes de cette pénurie, intéressons nous tout d’abord à la provenance de l’eau que la SNEC exploite pour alimenter la ville de Mbouda. Cette eau provient de la rivière TSEMATAP du village Balatchi et qui prend la source dans les Monts Bamboutos, situé à 7km de Mbouda. La rivière s’est cependant complètement asséchée, privant ainsi la SNEC d’eau à distribuer. La pénurie pourrait donc s’expliquer par l’assèchement de cette rivière. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cet assèchement.

Tout d’abord l’opération "Sahel vert" lancée par le président Ahidjo dans les années 70. C’est une opération qui consistait à lutter contre la désertification par le reboisement des zones de sahel et de la savane. Pour mener cette action, des espaces entièrement plantés d’eucalyptus ont été crées dans une importante partie du massif de l’Ouest Cameroun. C’est ainsi qu’à Balatchi au niveau de certaines sources et tout au long de certains courts d’eau, on peut observer de longues rangées d’eucalyptus. Cet arbre est cependant très exigeant en eau car selon l’avis des experts, un plan moyen d’eucalyptus consomme entre 15 et 20 litres d’eau par jour. Planté en grande quantité au bord des courts d’eau, il ne fera que se servir gentiment de l’eau et réduire progressivement en fonction de son stade de croissance, le débit du court d’eau.

A cette cause on pourrait ajouter le développement de l’agriculture de contre saison par l’augmentation de façon considérable de la superficie irrigable, qui est passée selon le rapport annuel du bureau des enquêtes agricoles de 2005 de 0,8% de territoire de Balatchi en 1991 à 1,9% en 2005, soit 85,5 ha de terrain. Cette augmentation s’explique par la multiplication des grandes exploitations le long des courts d’eau ou non loin de celles-ci.
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